
Étoile d’hiver


Il prend sa main, douce comme du satin. Ses doigts fins et délicats, presque d’enfant. L’ongle, petit, brillant. Cette main, il la tient tendrement entre ses doigts. Elle le regarde, surprise d’abord, avec étonnement. Puis un sourire doux et discret s’affiche. Ses yeux brillent. Il se voit dans son iris. Ses sentiments sont là, clairs comme du papier. Ses mots hurlent silencieusement ses sentiments pour lui. Elle referme ses doigts. Elle sert tendrement sa paume. Elle sert son coeur aussi, affectueusement. Un pincement, un essorage. Son coeur se replie, se tord, enivré d’élans, de sentiments. Il ferme les yeux. Garde ses distances.
Que sent-elle ? L’odeur d’une mangue, l’effluve d’une pêche, la douceur d’un petit pot de lait. Un peu aussi ce parfum sucré et populaire qu’utilisent les jeunes filles. Tremblante d’émotions, son autre main se dirige vers son visage. Il veut lui caresser sa joue. Il guide sa main à l’odeur, craignant d’ouvrir les yeux pour ne pas briser le charme. Ses doigts touchent plutôt ses lèvres, tendres, légèrement humides. Elle répond par un baiser léger sur son index, effleure à peine sa peau. Son coeur se tord d’autant.
1995?
Révisé 2025.