Erreur sur la graphie

(Lettre publié dans le journal Le Devoir, 1er mai 1991)

Je signale à l’honolable jounal Le Devoil qu’il utilise encol un système alchaïque de lomanisation du chinois. En parlant de la fin de l’état d’urgence à Taïwan dans son édition du 1er mai dernier, le journal employait en effet la vieille graphie des lieux et des personnes: Tchang Kai-chek au lieu de Chiang Kai- shek, Mao Tsé-toung au lieu Mao Zedong, et Pékin au lieu de Beijing.
Un système de romanisation universel du chinois, le pinyin est pourtant en vigueur dans la plupart des pays du globe depuis janvier 1979. Créé en 1958, le pinyin possède ses propres règles de phonétique. Pour un français, un anglais, un sénégalais ou un mexicain, «ch» se prononce «Tch», «z» se prononce «dz», et «q» se prononce «tch». Cette prononciation uniformisée permet une graphie constante des mots chinois, quelque soit le pays. C’est là sans doute la marque de respect la plus simple qu’on peut offrir à une culture.
Une exception pourtant. Pour les taïwanais, Pékin se dit Beiping, et non Beijing. Entre 1928 et 1949, le gouvernement nationaliste de Chiang Kai-shek avait renommé Beijing, qui signifie «capitale du nord», en Beiping, la «Paix du nord». Rebaptisée à nouveau Beijing par Mao Zedong en 1949, la ville demeure cependant Beiping pour les taïwanais qui s’en considèrent chassée, et qui ont toujours des prétentions sur la Chine continentale.